Rocher du Midi

Le Rocher du Midi est un sommet des Préalpes vaudoises qui domine Château-d'Oex. Un chemin remonte dans sa inhospitalière face NW, mais demande une bonne expérience dans du terrain alpin. Le panorama depuis le sommet et la descente dans une partie sauvage de la réserve de la Pierreuse récompensent tous les efforts.

Détails du parcours

Région: Vaud.

Point de départ: Gérignoz (958 m).

Accessible en transport publics: Oui.

Point culminant: Rocher du Midi (2096 m).

Dénivelé positif: 1390 m.

Distance: 15.1 km.

Temps de marche: 06h45.

Difficulté: Randonnée T4.

Date de la course: 21 octobre 2018.


Description

Accès

Accès en voiture

Prendre l'autoroute A12 jusqu'à Bulle, puis suivre les panneaux pour Château-d'Oex. Au giratoire à l'entrée du village poursuivre en direction de Rougemont jusqu'aux Granges. Juste après la fin de cette bourgade bifurquer à droite et descendre en direction de Gérignoz.

Traverser le tunnel puis continuer tout droit sur environ 200 mètres jusqu'à rejoindre une place goudronnée relativement grande à côté du départ d'une remontée mécanique (qui n'est plus en service depuis quelques années).

Accès en transports publics

Prendre le MOB (train) sur la ligne Montreux-Zweisimmen jusqu'à l'arrêt sur demande Les Granges-Gérignoz. Depuis la gare suivre les panneaux du tourisme pédestre pour rejoindre Gérignoz (environ 10 minutes de marche). À l'entrée du hameau, à la sortie du tunnel, poursuivre tout droit sur environ 200 mètres pour rejoindre le parking susmentionné.

De Gérignoz à La Montagnette

Depuis le parking du hameau de Gérignoz, suivre la route goudronnée qui part plein E puis, 250 mètres plus loin, bifurquer à droite (balisage jaune). Suivre la route sur environ 150 mètres jusqu'aux panneaux du tourisme pédestre en bordure de forêt. Suite le sentier qui monte à gauche en lisière de forêt en direction de Pra-Perron.

En passant en contrebas des Craux, j'entendais beaucoup de sons de cloches, mais dans la pente herbeuse je voyais que trois ou quatre vaches. Les autres devaient se "cacher" devant la ferme, où le terrain est plus plat.

Le sentier, bien balisé, mène au pâturage de Pra-Perron en traversant prairies et forêts qui portaient déjà les couleurs d'automne.

En sortant de la forêt, le chemin se perd un peu dans le pâturage de Pra-Perron. J'ai eu un moment d'hésitation (surtout je n'avais pas envie de sortir la carte topographique de mon sac à dos). J'ai fait quelques pas en suivant les installations des remontés, puis j'ai remarqué un losange jaune sur ma droite. J'ai donc changé de direction et suivi le balisage. Quelques dizaines de mètres plus loin on retrouve une sente bien visible (ainsi que le balisage) qui remonte jusqu'à l'arrivée des remontées mécaniques par un large virage à droite.

Passer à côté des installations puis suivre la route goudronnée (plein S) sur une vingtaine de mètres. Juste avant le pont partir à droite et suivre le sentier balisé (un losange jaune est fixé à un poteau en bois, mais il est peu visible et je ne l'ai pas remarqué toute de suite).

Le sentier remonte en rive gauche du ruisseau de La Braye et traverse des prairies qui sont étonnamment verdoyantes malgré la longue période de sécheresse. L'ascension est paisible et tranquille. Je passe à côté d'un troupeau de vaches qui bruitent tranquillement dans le même pâturage qu'un cheval.

Rejoindre la route goudronnée qui passe à côté des chalets Braye d'en Haut. Partir à gauche et suivre ladite route sur une cinquantaine de mètres. À la bifurcation bifurquer à gauche en direction de La Montagnette. Quelques centaines de mètres plus loin, à hauteur de La Grosse Cierne, la route goudronnée devient une route d'alpage.

Après une montée relativement douce, la pente se redresse de plus en plus. Pendant que mes mollets chauffaient, je me suis demandé comment des véhicules puissent monter avec une telle déclivité (20en moyenne) qui perdure quasiment jusqu'à l'arrivée des remontées mécaniques de La Montagnette (La Braye).

Les remontées mécaniques de La Braye

On trouve plusieurs récits de randonneurs qui empruntent les remontées mécaniques de La Braye depuis Château d'Oex pour épargner quelques 700 mètres de montée, mais actuellement il ne faut pas trop compter sur cette option!

Les installations de La Braye étaient déficitaires depuis plusieurs années. La commune de Château d'Oex, propriétaire de la station jusqu'en 2018, injectait annuellement quelque 350'000 francs pour l'exploitation, sans compter les travaux d'entretien lourds. Au printemps 2017 la commune a décidé d'arrêter le financement et la station est restée fermée pendant toute l'été. Elle a ouvert de justesse pour la saison d'hiver 2017/2018. En septembre 2018 la commune de Château d'Oex a cédé les installations de La Braye à des privés pour la symbolique somme de 2 francs.

Les installations sont actuellement fermées et des travaux doivent être réalisés avant une possible réouverture. Aux dernières nouvelles la station devrait reprendre service pour la saison d'hiver 2019/2020.

Dans la face NW du Rocher du Midi

Passer derrière le bâtiment du restaurant de La Braye et suivre la route carrossable qui monte en lisière de forêt. On repère rapidement la première trace de peinture du balisage blanc-bleu-blanc sur le rebord d'un muret. Juste à côté on trouve un panneau de mise en garde classique pour les itinéraires de randonnée alpine. C'est le début du T4 et comme indiqué sur le panneau, l'ascension demande un pied ferme et elle est déconseillée aux personnes sujettes au vertiges.

Contourner le muret par la gauche et rejoindre la sente qui passe sur une petite arête. Le chemin traverse ensuite une pente herbeuse. La sente est relativement bien visible et se suit facilement. De plus il y a régulièrement des traces de balisage.

On monte quelques dizaines de mètres en oblique, puis la pente se redresse. Et pas qu'un peu: oubliez les zigzags et les larges virages! Le chemin monte face à la pente (60en moyenne!!!) et on gagne vite de l'altitude, mais en contrepartie les mollets chauffent bien. La sente qui gravit dans cette pente très raide est recouverte de cailloux et il suffit d'un rien pour qu'un d'entre eux commence à dévaler à toute vitesse, même si on prête attention à où on pose les pieds. J'étais content qu'il n'y ait personne derrière moi et encore plus soulagé qu'il n'y ait personne devant…

Après une cinquantaine de mètres de dénivelée face à la pente on atteint le premier passage sécurisé par une chaîne: une courte ascension dans un rocher. Bien que j'aie utilisé un peu mes mains pour progresser, ce passage n'est pas techniquement compliqué. En quelques minutes le côté alpin du parcours était déjà bien ressorti et j'étais aux anges. Au même temps je me suis dit que je ne voudrais pas faire ce parcours si le terrain est mouillé, gelé ou enneigé!

Par la suite la pente s'adoucit un peu (mais pas pour longtemps) et le sentier traverse une pente herbeuse pour rejoindre le pied d'une crête herbeuse assez longue et pentue. Le parcours ne peut pas être plus limpide: on suit la croupe jusqu'au pied d'une barre rocheuse vers 1900 m d'altitude.

Une vire aérienne et légèrement exposée, sécurisée par une chaîne, permet de contourner ce rocher par la droite. En sortant de la vire la sente devient moins visible, mais une multitude de traces de peinture blanc-bleu-blanc mènent jusqu'à une nouvelle crête à travers les pentes herbeuses. La suite dans les rochers est une vraie partie de plaisir où plusieurs courts pas d'escalade facile (en I et II) sont nécessaires pour continuer. Les passages les plus exposés et les plus compliqués sont sécurisés avec des chaînes.

Après quelques crapahutages, on arrive en haut du passage clé: la traversée d'une faille. Depuis la cime d'un bloc rocheux il faut descendre quelques mètres sur une sente escarpée, équipée d'une chaîne. Il faut ensuite faire 5-6 pas pour traverser une arête étroite, très exposée et, cerise sur le gâteau, pas du tout sécurisée! Un faux-pas à cet endroit n'est clairement pas autorisé. Cela dit, pour un randonneur habitué à marcher sur des chemins alpins la traversée de cette brèche ne devrait pas poser de problèmes: il suffit de se concentrer quelques seconds. De chaque côté de la faille il y a des pitons à expansion (spits). Si nécessaire, il est donc possible de tirer une corde d'un bout à l'autre.

La suite de l'ascension n'est guère moins raide. Comme dans la première partie du sentier alpin, il est très facile de mettre en mouvement des cailloux. La prudence est donc primordiale si d'autres randonneurs sont sur le parcours. Il ne faut pas hésiter à crier "Attention, caillou!" quand nécessaire pour prévenir les autres randonneurs et éviter un accident!

Gagner la base d'une nouvelle barre rocheuse où une petite terrasse herbeuse permet de reprendre le souffle et prendre quelques photos en ayant les pieds à plat. Une courte vire part sur la gauche et mène au pied d'un large couloir qu'il faut remonter. Bien évidemment il est raide et les cailloux dévalent avec facilité…

Eh haut du passage, la sente continuer à remonter dans des pentes herbeuse (quelques cairns). Dès que la pente s'adoucit, la cime n'est plus qu'à quelques dizaines de mètres.

Au sommet du Rocher du Midi

Le sommet du Rocher du Midi n'est marqué qu'avec un poteau sur lequel sont accrochés des panneaux pédestres et des drapeaux de prière tibétains. Pendant que je reprenais mon souffle et j'admirais le paysage, j'ai regardé ma montre et j'ai constaté que mon ascension a été rapide (environ 2h30 depuis le départ à Gérignoz, dont une petite heure passée dans la partie T4). Heureusement que je me suis arrêté de temps en temps pour prendre des photos…

La récompense est une vue à (presque) 360 degrés avec les Préalpes fribourgeoises au N (la Pointe de Cray, la Pointe de Paray, la chaîne des Vanils avec le Vanil Noir, ), la Dent de Corjon et les Rochers de Naye à E, les parois très abruptes du massif de la Gummfluh au S.

Au départ je voulais faire une pause au sommet, mais l'arête ENE m'intriguait trop. Une sente relativement bien visible, pas indiquée sur les cartes topographiques, semblait suivre plus ou moins le fil de l'arête. Je l'ai suivie sur environ 300 mètres, jusqu'à rejoindre le haut d'une barre rocheuse vers 2060 m d'altitude. Depuis là on a une vue vertigineuse sur le vallon en contrebas.

J'ai admiré la vue quelques instants, puis je me suis installé sur une touffe herbeuse très confortable quelques mètres plus haut et je n'ai profité pour prendre une pause bien méritée et manger mon pique-nique tout en continuant de profiter du magnifique panorama. La pause terminée, je suis remonté au sommet par le même itinéraire.

Du Rocher du Midi à La Plâne

Depuis le sommet du Rocher du Midi un sentier balisé pars SE et descends en longeant la large arête S. Vers 2060 m d'altitude le chemin tourne à gauche et traverse les pentes herbeuses. C'est là que je croise les premiers randonneurs de la journée. Quelques centaines de mètres plus loin la pente se redresse et j'étais bien content d'avoir mes bâtons pour la descente…

Par la suite il faut passer à travers des jolis blocs rocheux et quelques arbres éparses. Un court passage est légèrement exposé, mais ce n'est rien comparé à la montée. La traversée du pierrier en oblique juste avant de rejoindre le col de Base ne pose non plus de problèmes particuliers.

Au col partir à gauche et descendre dans le vallon. En quelques minutes on rejoint le chalet de la Case. Poursuivre en direction du Plan de l'Etalle entre pâturages et forêts éparses. Je peste quand le sentier bute sur une clôture d'alpage en bois qu'il faut surmonter. Ce n'est pas tant pour la clôture (bien qu'un petit portail aurait été apprécié), mais pour le fil de fer barbelé qu'il y a dessus! En médisant celui qui a posé l'installation je passe par-dessus la clôture en faisant attention à ne pas abîmer mes vieux pantalons de randonnée auxquels je tiens beaucoup.

Un peu plus loin que le Plan de l'Etalle, le sentier traverse un cours d'eau. C'était rassurant de voir de l'eau qui coule en cette période de grande sécheresse. À ma droite, les falaises du massif de la Gummfluh étaient de plus en plus impressionnantes.

Poursuivre la descente jusqu'à rejoindre une route d'alpage à proximité de la ferme La Montagnette. J'ai continué sur la route jusqu'à une bifurcation (P. 486) avec plusieurs panneaux du tourisme pédestre. J'avais déjà (presque) 1'200 mètres de dénivelé positif dans mes jambes, mais j'étais en forme et ce n'était que le début de l'après-midi. J'ai donc suivi la route d'alpage qui monte assez sèchement en direction de La Pierreuse par le Tour de la Tête de la Minaude.

De La Plâne à Gérignoz par La Pierreuse

Depuis l'étale de La Plâne, le chemin serpente dans le pâturage (où j'ai retrouvé un peu d'ombre et de frais) puis entre en forêt. Bien que ce n'était que le début de l'après-midi, il faisait d'un coup très sombre. J'ai été suis content de quitter rapidement le sous-bois et de poursuivre mon ascension sur une croupe qui frôle les impressionnantes falaises des Salaires et du Biolet hautes plus de 600 mètres!

En zigzaguant entre des gros blocs, le sentier atteint un large col. Après un court replat, commence la descente en lisière de forêt jusqu'au refuge La Pierreuse. Si ce nom vous dit quelque chose c'est parce qu'en 1945 Aurèle Sandoz fit don à la commune de Château-d'Oex des pâturages qui portent le même nom pour en faire une réserve naturelle. Depuis lors, la réserve de La Pierreuse s'est agrandie régulièrement. Aujourd'hui une surface d'environ 34 kilomètres carrés de forêts, pâturages, marais, landes et prairies font partie de cette zone protégée.

Selon Pro Natura les marmottes, les bouquetins, les chevreuils, les cerfs, les lynx et une grande variété d'oiseaux (y compris des espèces rares tel que les aigles royales, les coqs de bruyère et les faucons) ont recolonisé les hauteurs et les forêts abandonnées par les exploitants du petit bétail. À ma plus grande déception je n'ai aperçu aucun animal sauvage, j'ai juste croisé deux bipèdes très sympathiques…

Une cinquantaine de mètres après le refuge, le sentier traverse une nouvelle forêt. À la sortie, on est déjà dans les hauts du pâturage des Laissalets. J'ai traversé la prairie en zigzaguant entre les beuses jusqu'à la ferme, qu'on contourne par la droite. Environ 200 mètres plus loin dans la descente on rejoint la route d'alpage (qu'on suit dans le cas où on choisit la descente directe) au bord de La Gérine. Partir à droite et suivre la route d'alpage. Celle-ci rejoint une route goudronnée deux petits kilomètres plus loin. C'est ensuite sur l'asphalte qu'on parcourt le dernier kilomètre pour retourner à Gérignoz.


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