Accès

Accès en voiture

Prendre l'autoroute jusqu'à la sortie Châtel-Saint-Denis. Rejoindre la station des Paccots. Traverser le village et continuer en direction des Pueys. Poursuivre jusqu'à gagner le parking de la station de Rathvel.

Accès en transports publics

La station de Rathvel n'est pas desservie par les transports publics.

De Rathvel au Villard

J'ai garé ma voiture à côté d'une dameuse, désormais en congé forcé jusqu'à l'hiver prochain. Une brume flottait dans l'air et rendait le paysage tout à fait fantastique.

Le départ de la randonnée est au sud du parking (à côté de l'entrée) près du poteau indicateur. Suivre le sentier qui pénètre dans la forêt, en direction du Villard-Dessus.

La végétation était variée et incroyablement verte à cause des récentes et abondantes précipitations. Le chemin monte d'une pente agréable et constante. Le dernier tronçon qui mène à la bifurcation au lieu-dit de Sur le Vilou (P. 1338) était gras et particulièrement glissant. Des chaussures avec clous intégrés auraient été parfaites pour progresser sur ce terrain, mais n'ayant pas ce type de matériel, j'ai avancé au mieux en étant obligé de produire quelques pas de danse acrobatique involontaires.

Un peu plus loin de cette courte partie déplaisante, on gagne une route asphaltée qu'on longe sur quelques centaines de mètres. À hauteur d'un joli couvert avec une belle table en bois, continuer sur un chemin qui mène à l'alpage du Villard. Ce toponyme dérive du bas latin "villare" qui signifie "hameau". Le passage de la forêt à la prairie a amené de nouveaux défis. Le sol était gorgé d'eau et c'était compliqué de trouver des endroits pour poser les pieds sans s'enfoncer dans la boue.

Après avoir retrouvé un terrain plus stable, plusieurs dizaines de mètres plus loin, j'ai pu observer comme il se doit le premier objectif de la journée : le Teysachaux. Le brouillard s'était levé et les abruptes falaises de la face ouest ainsi que la croix sommitale étaient parfaitement visibles.

Le toponyme Teysachaux est la contraction des mots "taiza" et "chaux". Le premier terme est issu du participe passé féminin patois ancien "taiza" qui signifie "étendue". Le deuxième mot dérive du gaulois "calmis" et, dans le canton Fribourg, il indique un pâturage près des sommets. Or, je voyais mal des animaux en paitre sur ce côté de la montagne…

Le chemin rase la ferme du Villard Dessous avant de rejoindre une petite route asphaltée. On remonte celle-ci jusqu'au large col (P. 1460, Le Villard).

Du Villard à la Chaux

Poursuivre tout droit sur la route asphaltée, en direction de Belle Chaux. Après une courte descente, bifurquer à gauche et continuer sur un large chemin. La vue sur le Niremont, les Paccots ainsi que les montagnes en arrière-plan avec les sommets encore enneigés s'ouvre de plus en plus.

On gagne la ferme de La Chaux sans aucune difficulté.

De la Chaux au Teysachaux

Poursuivre jusqu'au poteau indicateur, quelques centaines de mètres plus loin. Le chemin pour le sommet du Teysachaux est balisé et bien signalé. Un sentier, bien marqué, longe la clôture et devient très vite abrupt. Plutôt que Teysachaux ("pâturage près des sommets"), je l'aurais bien nommé "Teysardua", c.-à-d. "pâturage très pentu"…

Quelques orchidées le long du parcours m'ont donné l'occasion de faire de courtes pauses pour les photographier (et récupérer). Dans cette première partie de l'ascension, plusieurs tronçons étaient gras et glissants. J'ai donc privilégié la progression sur l'herbe, à côté de la trace, bien moins casse-gueule.

Le sentier continue de longer la clôture. Durant la montée, je me suis retourné à de nombreuses reprises en espérant avoir une vue dégagée sur la Dent de Lys, le Vanil des Artses, la Cape au Moine et la crête qui relie ces sommets. Le paysage se dévoile au fur et à mesure qu'on s'élève et il était très changeant à cause des nuages constamment soufflés par le vent.

À partir de 1750 mètres d'altitude environ, le terrain devient plus rocheux, technique et aérien. Le parcours suit plus ou moins l'arête et demande d'avoir un pied sûr et de ne pas être sujet aux vertiges. De courts passages peuvent aussi nécessiter l'appui des mains pour l'équilibre.

Les deux chemins d'accès au Teysachaux sont, depuis quelques années, balisés officiellement en blanc-rouge-blanc. Dans cette deuxième partie rocailleuse, on aperçoit cependant encore les vieilles traces bleues sur les rochers de l'ancien marquage (officieux).

Les nuages ont enveloppé le sommet au fur et à mesure que j'ai pris de l'altitude, ce qui lui donnait un côté mystique. Après avoir franchi plusieurs antécimes, on gagne le point culminant avec la croix, autour de laquelle il y a relativement de place.

Des nuages provenant de sud-est bouchaient à moitié le panorama. Par beau temps, on a une splendide vue dégagée sur le Moléson, le vallon de la Veveyse, les Dents du Midi, les Alpes, les Préalpes et le lac Léman. J'ai eu l'endroit à moi tout seul pour quelques instants. D'autres randonneurs et randonneuses m'ont ensuite rejoint. Le coin est assez couru et il ne faut pas trop espérer d'y trouver de la solitude.

Du Teysachaux au Col de Tremetta

Un air frisquet soufflait (aussi) au sommet et je ne me suis pas trop attardé. L'itinéraire emprunté pour monter (sur la crête sud-ouest) est technique, mais le chemin de descente (sur l'arête est) l'est encore plus. Ce sentier, bien marqué, démarre sur la droite (à l'est) de la croix. Les premiers mètres sont peu exigeants. À la sortie d'un virage, la vue vertigineuse sur la suite du parcours remet les pendules à l'heure. On dévale la pente herbeuse escarpée par de courts lacets et c'était tout aussi beau qu'impressionnant.

Quelques passages dans les rochers demandent l'utilisation des mains. C'est un chouia plus juste pour l'équilibre. Cela n'équivaut cependant pas à une cotation T4 (où l'aide des mains peut être nécessaire pour progresser), mais mieux vaut prévenir que guérir !

Les pierres et la terre étaient légèrement glissantes, bien que le terrain ait été sec. Je déconseille donc cette descente par temps humide, qui doit être particulièrement casse-gueule.

Il faudrait parcourir ce tronçon à la montée pour qu'il soit moins impressionnant. Il est tout à fait envisageable de faire cette randonnée dans l'autre sens, mais je préfère quand la partie technique est en début de course (et pas après 4 heures de marche et plus de 1000 mètres de dénivelé dans les jambes).

À partir d'environ 1790 mètres d'altitude, la déclivité s'atténue. Les difficultés majeures sont désormais terminées. Le chemin quitte légèrement la crête pour contourner une antécime (P. 1787) par le nord. Il est aussi possible d'ajouter cette cime à votre palmarès en continuant à la suivre (aucune complexité).

Rester près du bord (ne pas emprunter le sentier bien marqué qui part à travers la pente d'un faux plat descendant) jusqu'à gagner le col de Tremetta (P. 1787, sans nom sur les cartes topographiques) avec un poteau indicateur.

La Crête du Moléson

Pour rejoindre le sommet du Moléson, il ne reste plus qu'à remonter la crête d'une longueur de presque 2 km. On passe d'abord au milieu de deux buttes herbeuses. Celle de droite (à l'ouest) est appelée Pointe de Tremetta (P. 1822, sans nom sur les cartes topographiques), mais c'est sa petite sœur à l'est qui est surmontée par une croix (probablement pour qu'elle soit vue depuis la vallée). Un large névé barrait la suite du chemin, mais une trace bien marquée m'a permis de le franchir sans encombre. L'itinéraire rejoint de nouveau la crête et il va après le longer scrupuleusement. L'ascension est douce et régulière.

Le balisage passe par une antécime (P. 1938) avec une croix, mais ceux et celles qui souhaitent économiser une trentaine de mètres de dénivelé (positifs et négatifs) peuvent emprunter la sente qui contourne la butte dans la face sud.

La suite du parcours est sécurisée par des barrières de câbles en acier, mais seulement pendant la haute saison. La protection est en effet défaite en automne pour éviter qu'elles ne s'endommagent.

Le sommet du Moléson ainsi que la station d'arrivée du téléphérique étaient de plus en plus proches. Hélas, il y avait aussi davantage de randonneurs et randonneuses. La plupart ont emprunté les remontées mécaniques pour être amenés à quelques mètres du sommet sans faire d'efforts.

On gagne l'intersection avec le sentier montant de Tsuatsau. Continuer à longer la crête sur quelques dizaines de mètres, puis partir à gauche à travers la pente herbeuse. Il a fallu que je traverse deux névés, mais je n'ai pas rencontré de difficulté particulière là non plus. On passe ensuite l'embranchement avec le sentier qui monte de Bonnefontaine, puis le bâtiment qui inclut la gare du téléphérique, le restaurant et l'observatoire astronomique.

J'ai atteint le sommet du Moléson, avec un point géodésique à la place de la classique croix, par une dernière courte montée. Le toponyme n'est pas élucidé, mais pourrait venir de l'ancien français "meloise, molois, moloise" qui désigne une "prairie humide" ou du latin "mollis" qui signifie "mou, marécageux". Le nom est monté à la cime depuis les pâturages ancestraux, remplacés depuis par Moléson-Village.

Il y avait pas mal de monde là-haut, mais je m'étais attendu à plus (probablement la météo en a découragé plus qu'un). Par beau temps, on a une vue à 360 degrés sur le lac de la Gruyère, la Dent de Broc, du Chamois et du Bourgo, les Préalpes, le Lac Léman et j'en passe. On remarque aussi une croix blanche située en contrebas sur la crête nord-est (la sortie de la Via Ferrata). De mon côté, j'ai dû me contenter d'un panorama très réduit et rempli de nuages, mais qui avait également beaucoup du charme.

Du Moléson à Tsuatsau Dessus

Avant d'entamer la descente, une halte sur la terrasse située sur le toit de la station du téléphérique s'impose. C'est très touristique, mais le court détour en vaut la peine, surtout par beau temps.

Depuis le sommet du Moléson, le chemin le plus direct pour regagner le point de départ est celui qui passe par la combe de Bonnefontaine et Gros-Plané. Or, je trouve ce parcours moche. Le vallon est en effet utilisé comme piste de ski pendant la saison d'hiver et au printemps les pentes peuvent être râpées et les filets n'ont pas encore été retirés. De plus, beaucoup de promeneurs et promeneuses prennent le téléphérique jusqu'à la station supérieure du Moléson et empruntent cet itinéraire pour retourner à pied à Plan-Francey. D'autres, plus motivés, le parcourent dans le sens ascendant.

Pour toutes ces raisons, le sentier par Tsuatsau est indéniablement plus intéressant. Suivre le même itinéraire qu'à la montée sur environ 500 mètres, puis quitter la crête et dévaler en direction de Gros-Moléson (panneau).

Le chemin est assez caillouteux et raide au début, mais bien plus tranquille par rapport à la descente du Teysachaux. Certains passages demandent néanmoins d'avoir le pied sûr et devraient être évités en cas de pluie.

On gagne rapidement le chalet d'alpage de Tsuatsau Dessus. J'aurai adoré m'assoir sur un bloc rocheux pour grignoter quelque chose tout en profitant de la vue sur le Vanil Blanc et la Dent de Lys. Hélas, la visibilité diminuait progressivement et le fil d'air qui soufflait était frisquet.

De Tsuatsau Dessus au Gros-Moléson

Après un court faux plat, la descente reprend d'une forte pente. La caillasse instable au sol rendait les choses encore plus intéressantes.

Gagner une intersection de chemins pédestres (P. 1577), puis continuer à gauche en direction du Gros-Moléson. On avance désormais à flanc de coteau et on coupe dans la face sud-est du Moléson. Le sentier est étroit et offre une vue plongeante sur le vallon. Le brouillard ne laissait malheureusement pas de grande visibilité en arrière-plan. La traversée est très agréable et ne présente aucune difficulté technique particulière. Sa fine largeur pourrait malgré tout être rédhibitoire pour les personnes sujettes aux vertiges.

Du Gros-Moléson à Plan-Francey

La situation météorologique ne s'est pas du tout améliorée au-delà de la ferme du Gros-Moléson. En poursuivant en direction de Plan-Francey, je n'avais que quelques dizaines de mètres de visibilité. Il n'y avait donc pas grand-chose à photographier et j'en ai profité pour grignoter quelque chose en marchant.

Le brouillard était tellement épais qu'en arrivant au croisement de chemins pédestres de Plan-Francey, les bâtiments des remontées mécaniques ainsi que le téléphérique, n'étaient que des tâches grisâtres difficilement discernables.

De Plan-Francey à Rathvel par Gros-Plané

Prendre la direction de Gros-Plané. Suivre le chemin carrossable qui descend doucement et pas le sentier qui monte (et qui mène au départ de la Via Ferrata) comme semble indiquer le panneau du tourisme pédestre. Quelques centaines de mètres plus loin, quitter temporairement la piste et emprunter la sente qui coupe la pente d'un faux plat. C'est plus agréable que la route et il évite quelques mètres de dénivelé.

Sans surprise, j'ai croisé pas mal de monde sur ce tronçon, mais j'ai retrouvé de la quiétude après avoir contourné le chalet du Petit-Plané.

Une dizaine de minutes plus tard, j'ai atteint le chalet d'alpage du Gros Plané, bien évidemment fermé en ce début de saison.

Le brouillard s'est peu à peu dissipé. Je n'ai pas pour autant revu le soleil, mais au moins il y avait quelques panoramas à admirer.

J'ai suivi le chemin pédestre jusqu'à la ferme du Villard-Dessous. De là, retourner au point de départ par le même itinéraire qu'à la montée.