Combin de Corbassière

Le Combin de Corbassière est un sommet situé dans un coin sauvage dans le massif des Combins. L'ascension par l'arête sud est très ludique. C'est un sommet de haute montagne varié dans un décor magnifique. La course ne présente pas de difficultés majeures, mais une bonne condition physique est nécessaire car assez longue.

Détails du parcours

Région: Valais.

Point de départ: Cabane Brunet (2103 m).

Accessible en transport publics: Non.

Point culminant: Combin de Corbassière (3716 m).

Dénivelé positif: 2370 m.

Distance: 25.9 km.

Temps de marche: 13h15.

Durée: 3 jours.

Difficulté: Course d'alpinisme PD.

Date de la course: 10 août 2018.


Description

Accès

Accès en voiture

Prendre l'autoroute A9 jusqu'à la sortie Grand-Saint-Bernard. Suivre ensuite les panneaux Verbier jusqu'au Châble. À l'entrée du village, à hauteur du restaurant du Gietroz, tourner à droite en direction de Mauvoisin. Environ 2 kilomètres après avoir passé le village de Lourtier, chercher un virage à droite portant l'indication Cabane Brunet. Suivre la route sur environ 9 kilomètres jusqu'au parking (gratuit) près de la cabane Brunet.

À notre arrivée vers 10h d'un vendredi matin brumeux, le parking était déjà relativement plein. Le week-end il ne faut pas arriver trop tard pour avoir une place. En cas de forte affluence, un deuxième parking est disponible environ 1 km plus bas dans un virage en épingle.

Accès en transports publics

La cabane Brunet n'est pas accessible en transports publics. Si vous n'avez pas de véhicule privé, il est néanmoins possible de prendre le train jusqu'à Martigny, puis le train régional jusqu'au Châble et faire les derniers 15 kilomètres de route jusqu'à la cabane Brunet en taxi…

Jour 1: Montée à la cabane Panossière par La Maye

De la cabane Brunet à La Maye

Depuis le parking on rejoint la cabane Brunet par la route, fermée à la circulation, en quelques minutes. L'ascension jusqu'à la cabane Panossière est relativement courte (environ trois heures de marche), le brouillard était encore bien épais et ce n'était que le milieu de matinée. Dans ces circonstances nous nous sommes sentis obligés de nous arrêter à la cabane pour boire un café et manger une tarte. Si la tarte était bonne, je ne peux pas vraiment dire la même chose du jus noir…

Un peu déçus par le breuvage, nous avons quitté la cabane Brunet et emprunté le sentier en direction de la Cabane FXB Panossière (panneaux) qui longe le petit lac. Le brouillard c'est gentiment dissipé et le chemin qui serpente dans les pâturages nous a offert de plus en plus des jolies vues.

Suivre le sentier jusqu'au petit pont suspendu d'Etiertse, l'emprunter pour traverser la Dyure de Sery et continuer l'ascension en contournant le flanc NW de la Becca de Sery. Par un faux plat on rejoint la Maye avec un joli chalet en pierres.

De La Maye à la passerelle Corbassière

La douce progression se poursuit sur le flanc NE de la Becca de Sery et peu à peu le Grand Combin se dévoile dans toute sa splendeur pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Rejoindre une bifurcation une centaine de mètres plus loin deux petits lacs. Continuer tout droit (le chemin qui descends à gauche permet d'éviter la passerelle, mais ajoute environ 20 minutes de marche, 100 mètres de dénivelé et 500 mètres de distance).

Le glacier de Corbassière se montre lui aussi peu à peu, puis nous apercevons la passerelle Corbassière. Avec ses 190 mètres de longueur on ne peut pas la rater, même de loin!

Après une courte mais raide montée on atteint une nouvelle bifurcation. Partir à gauche et descendre en direction de la passerelle. L'environnement devient de plus en plus sauvage avec des blocs de rochers et des pierres polies par le passage de la glace. Plusieurs traces blanc–rouge–blanc ainsi que des cairns de toutes tailles indiquent clairement le chemin à emprunter pour rejoindre le pont suspendu.

De la passerelle Corbassière à la cabane Panossière

Avant de traverser la passerelle, inaugurée en 2014, prenez le temps pour lire les panneaux installés à proximité. Ceux-ci indiquent qu'on marche à environ 70 mètres au-dessus du glacier. Hélas au-dessous il n'y a plus que de l'eau et de la caillasse. Du glacier il ne reste malheureusement plus qu'une trace de peinture bleu avec la date, car la montagne de glace se retire de plusieurs dizaines de mètres chaque année…

Vu la longueur et la hauteur du pont suspendu, sa traversée va être une belle épreuve pour les personnes sujettes au vertige. Sur l'autre versant, le chemin contourne la moraine latérale pour remonter ensuite dans des pâturages à moutons. En contrebas de la cabane, le sentier remonte ensuite sur la crête de la moraine jusqu'à rejoindre celle-ci.

La cabane est très conviviale et l'accueil vraiment sympathique. À notre arrivée, vers 14h, nous avons profité pour manger un excellent risotto sur la terrasse avec une vue spectaculaire sur le glacier de Corbassière et le massif des Combins (et à un prix très concurrentiel par rapport aux restaurants de la capitale vaudoise!!!).

Nous avons passé l'après-midi à contempler le panorama sur une chaise longue en attendant l'heure du repas du soir.

Jour 2: Le Combin de Corbassière

De la cabane Panossière au couloir de la cascade

Nous nous sommes levés à 4h du matin. Nous étions le seul groupe d'alpinistes et le gardien nous avait laissé le petit déjeuner déjà tout prêt au réfectoire.

Vers 5h, après les dernières vérifications du matériel, nous avons remonté le sentier sur la crête de la moraine en direction du col des Otanes. Environ 500 mètres plus loin, à hauteur d'une petite baraque, bifurquer à droite et entamer la descente sur la moraine. Si pendant la journée ce n'est pas toujours évident de repérer les cairns, à 5h du matin, avec des lampes frontales comme seule source de lumière, la tâche devient pratiquement impossible. Ceci n'est pas vraiment un souci: on peut prendre pied sur le glacier de Corbassière à plein d'endroits.

Traverser ensuite le glacier en oblique en direction du ressaut sur la rive gauche. Au milieu du glacier il faut procéder aux premiers zigzags pour éviter les crevasses les plus larges. Peu avant ledit ressaut on rencontre d'autres larges crevasses, qu'on évite tout aussi facilement. Tout en regardant où nous mettions les pieds nous pouvions admirer le sommet du Grand Combin qui commençait à briller sous le soleil. Nous sommes remontés en zigzaguant pour éviter les crevasses d'un côté, tout comme les fines plaques de neige sous lesquelles auraient pu se cacher des surprises.

Une fois le ressaut passé nous avons poursuivi jusqu'à la cascade (vers 2920 m d'altitude). À gauche de celle-ci on trouve une pente très raide: le couloir de la cascade.

Du couloir de la cascade au col P. 3402

En ce début d'août il ne restait plus qu'une fine bande de neige dans le couloir (tant en largeur qu'en épaisseur). Grâce au léger regel de la nuit, nous avons pu remonter en crampons sur la rive gauche dudit couloir sans problèmes particuliers.

Un petit regardant plein S en direction de la partie haute du glacier de Corbassière, nous avons vu un spectacle très désolant: des crevasses de toute taille à perte de vue. Le parcours qui contourne les rochers par le S de P. 3156 n'était donc pas praticable et un aller-retour sur l'arête s'imposait si nous ne voulions pas compliquer considérablement la course…

En haut du couloir, lorsque la pente se couche, partir à droite (NNE). Rejoindre les rochers et remonter ensuite dans la caillasse, très instable par endroits, jusqu'à rejoindre un semblant de sente, balisée avec quelques petits cairns, qui mène jusqu'au glacier supérieur au S de P. 3096.

Nous avons repris pied sur le glacier qui était encore recouvert de neige. Le soleil qui nous avait entretemps rattrapés a rapidement ramolli la neige. Nous avons remonté le glacier au centre puis, dès que la pente se redresse, nous avons tiré plus sur la droite (rive gauche du glacier) pour avoir une pente moins raide, mais où il faut éviter quelques crevasses relativement bien visibles.

La lourde neige mouillée a rendu notre progression sur le glacier pénible, lente et fatigante.

Vers 3350 m la pente s'adoucit finalement et le col (P. 3402) devient bien visible. Quitter le glacier en contrebas du col et remonter dans les éboulis pour atteindre le pied de l'arête S.

L'arête S du Combin de Corbassière

Avant d'attaquer l'arête S j'ai jeté un coup d'oeil au versant W du col. Le couloir, très pentu, doit faire une bonne cinquantaine de mètres. Il était entièrement sec, mais la caillasse avait l'aire tout aussi instable que foireuse. À mon avis cette variante, qui permettrait d'éviter le couloir de la cascade, est à proscrire sauf si la pente est bien enneigée (et encore).

Après une courte pause nous avons attaqué l'arête rocheuse. Étant évident que nous allions faire un aller-retour sur l'arête, nous avons laissé nos sacs à dos au col et juste emporté des gourdes d'eau et quelque fruits secs.

L'arête, qui était entièrement sèche, est vraiment agréable et ne présente aucune difficulté particulière: les pas d'escalade ne dépassent pas le II-III. Nous sommes restés tout au long de l'ascension sur le fil de l'arête, sauf pour contourner à deux reprises des difficultés par la droite (versant E). Dans les deux cas nous sommes revenus rapidement sur le fil de l'arête.

Tout en profitant du magnifique panorama nous avons gagné l'antécime (P. 3715 sur la carte) et rejoint ensuite, après un court passage horizontal, le sommet principal avec la croix.

Retour à la cabane Panossière

La vue depuis le sommet était époustouflante et l'envie de redescendre n'y était pas, mais toute belle chose a une fin. Nous avons donc profité du sommet quelque temps, puis nous avons entamé la descente sur l'arête. Comme à la montée nous n'avons rencontré aucune difficulté.

En arrivant au col je me suis dit que le plus dur avait été fait, mais il nous restait encore le plus fatiguant: descendre sur (et dans) la neige qui avait eu le temps de ramollir encore plus sous le soleil tapant…

Par le même chemin qu'à la montée nous avons rejoint le haut du couloir de la cascade. La bande de neige dans le couloir même avait bien fondu pendant la journée. À deux endroits nous avons dû faire des longues enjambées pour ne pas trop abîmer nos crampons sur la caillasse…

Plusieurs plaques de neiges qui recouvraient le glacier encore le matin même avaient fondu, laissant apparaître la glace. Du coup le retour a été bien plus direct que le matin.

De retour à la cabane, le gardien nous a accueilli avec un beau sourire taquin et nous a demandé si "nous l'avions roté" (pour ceux qui ne parlent pas le suisse, "la roter" signifie "en baver"). Nous lui avons résumé sommairement les conditions épouvantables du glacier et, toujours en souriant, nous a répondu qu'il s'attendait exactement à ces conditions-là.

Le Combin de Corbassière est une magnifique course, mais pour avoir des bonnes conditions, il vaut mieux de gravier ce sommet en début de saison (entre fin juin et mi-juillet) quand il y a encore une bonne couche de neige qui recouvre le glacier.

Jour 3: Retour à la cabane Brunet par le col des Avouillons

De la cabane Panossière au col des Avouillons

Depuis la cabane Panossière, suivre le sentier qui descends sur l'arête de la moraine, qui comporte quelques passages légèrement vertigineux. Vers 2430 mètres d'altitude on rejoint le chemin balisé emprunté à la montée. Le suivre jusqu'à la passerelle Corbassière et la traverser. Continuer à suivre le sentier sur environ 200 mètres. À la bifurcation partir à gauche et s'attaquer à la montée vers le col des Avouillons.

Le sentier remonte dans la moraine latérale du glacier. Arrivé sur la crête de la moraine un court replat permet de reprendre le souffle avant d'attaquer la deuxième partie abrupte de la montée qui mène jusqu'au col des Avouillons.

Du col des Avouillons aux Plans

Profitez une dernière fois de la vue sur le glacier et le massif des Combins, puis tournez-vous et dites bonjour aux Dents du Midi. Entamez la descente sur le chemin qui longe un pierrier. Vers 2550 m d'altitude, vers la fin du champ de pierres, quitter le sentier balisé (et très fréquenté) et partir à gauche sur une sente bien marquée (visible sur les cartes topographiques).

La sente n'est pas toujours visible, mais on aperçoit quelques traces délavées d'un ancien balisage blanc–rouge–blanc ou des simples traces (points) de peinture bleue.

Poursuivre en direction SEE sur environ 500 m en essayant de suivre la sente en légère descente. En haute saison, le son des cloches des vaches noires qui broutent en contrebas vous accompagnera pendant la traversée.

Gagner le haut d'un large monticule. Le chemin, bien visible, dévale ensuite dans une petite falaise pour continuer ensuite le long du cours d'eau. Les traces se perdent à nouveau dans les pâturages, mais il suffit de viser le chalet d'alpage des Plans percé en haut d'une petite butte.

Hélas dans la prairie nous avons croisé plusieurs tas de cailloux "ornés" de bouteilles de bières et de paquets de cigarettes vides tout vraisemblablement "oubliés" par les gardiens des vaches. Vraiment pitoyable!

Des Plans à la cabane Brunet

Depuis le chalet des Plans continuer à suivre le cours d'eau jusqu'à retrouver une sente bien visible qui rejoint le sentier balisé quitté plus haut.

Suivre le sentier qui passe à côté d'une ruine. J'ai jeté un coup d'oeil à l'intérieur, mais il y avait presque plus de déchets (tel que des bouteilles de bière, des paquets de cigarettes mais aussi des mouchoirs en papier utilisés) que de pierres…

Continuer jusqu'à rejoindre le cours d'eau qu'on traverse à l'aide d'un petit pont en bois. Le sentier poursuit ensuite en légère descente jusqu'à arriver à hauteur de la passerelle traversée à la montée. Depuis là, suivre le chemin emprunté à l'allée jusqu'à rejoindre la cabane Brunet.


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